LE FOU DU FLEUVE 2

Garnier prône une démarche cohérente vis-à-vis de la Chine et refuse une attitude comparable à celle de l’Angleterre qui cherche par tous les moyens à affaiblir l’Empire chinois pour mieux élargir son réseau commercial au détriment des intérêts locaux.
Officier de l’état-major, proche du vice-amiral Charner durant la campagne de 1860, Garnier avait pu observer les effets déplorables d’une intervention brutale sur la population chinoise. Il en tirera une ligne de conduite qu’il ne cessera de mettre en pratique lors de ses missions en Cochinchine, au Tonkin ou en Chine : connaître les peuples, respecter leurs traditions, leurs langues et leurs coutumes. Cette droiture morale l’accompagnera jusqu’à sa mort.

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Cependant le jeune officier, comme d’autres, ne perd pas de vue les objectifs de l’intervention française dans la région : protéger les missions catholiques établies en Indochine et en Chine et créer un réseau commercial réclamé par les milieux d’affaires métropolitains.
L’aventure lamentable des successeurs de Dupleix et la capitulation de Pondichéry en 1771 sont désormais oubliées. Si à Paris, autour de Thiers, s’élèvent des voix pour abandonner la Cochinchine, cette terre lointaine et inconnue qui coûte fort cher aux contribuables français, d’autres expriment la volonté de reconstituer l’empire colonial.
Par deux articles publiés à Paris, Garnier a attiré l’attention du Marquis de Chasseloup-Laubat, ministre de la Marine et président de la Société de Géographie, dont l’influence est loin d’être négligeable. L’officier parcourt depuis 1861 la Cochinchine et le delta du Mékong et il a réalisé que le grand fleuve dont on ignore encore la source peut être une voie de communication entre la base cochinchinoise, l’Indochine et une Chine quasi inaccessible. Le contrôle de la vallée permettrait en outre de se retrouver enfin en position de force, face aux Anglais qui continuent leur avancée.
Après une période de flottement, le gouvernement de Napoléon III décide de ne pas évacuer la colonie mais au contraire d’étendre la présence française aux régions voisines. Ainsi que le préconisait Garnier, l’exploration du Mékong est envisagée et une Commission constituée. En revanche, les moyens financiers ne sont pas à la hauteur du projet et les membres de l’expédition devront faire face durant deux ans à des problèmes d’intendance. La France des demi-mesures s’affichait une fois de plus et Garnier le déplore dans son abondant courrier.
La Commission n’a pas les moyens d’acheter les embarcations nécessaires après l’abandon des canonnières aux rapides de Sombor. Elle doit louer des pirogues et les services des bateliers au gré des escales, dans sa progression sur le fleuve.
Les explorateurs, leur escorte annamite et les indigènes recrutés, doivent parfois porter les pirogues, les caisses de vivres et de matériel. Il s’agit d’une mission d’exploration à caractère scientifique. Baromètres, sextants et autres instruments de mesure, au poids souvent considérable, remplissent quelques-unes des malles qui sont acheminées à dos d’homme quand les embarcations ne peuvent franchir certains passages difficiles.
Les chutes de Khone, les rapides de Khemarat, de Keng Luong, de Keng Saniok sont autant d’obstacles, de moments de souffrance. Tous les hommes, et Garnier en particulier, feront preuve de ténacité et d’endurance exceptionnelles.
Durant tout le périple, les officiers de marine déploient une activité incroyable : ils effectuent des relevés, dressent des cartes des régions traversées ou des plans des monu¬ments visités.
C’est ainsi que Francis Garnier dessine le premier plan d’Angkor Vat. Angkor fut, après Phnom Penh, la première longue escale. Doudart de Lagrée voulait y achever des travaux qu’il avait commencés avant le départ de l’expé¬dition.
Louis Delaporte réalise des croquis : paysages, détails d’architecture, visages d’indigènes ou costumes tradition¬nels des populations rencontrées. Autant de sujets que les graveurs parisiens reprendront plus tard, illustrant magnifiquement le texte publié par Le Tour du Monde.
Joubert et Thorel, médecins de marine, recueillent des spécimens de flore et de faune indochinoises, soignent les membres de l’expédition et des villageois de passage, collectent des fragments de roche, recherchent des minerais de charbon.

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