Kilomètre 560 -17e parallèle

La rivière Bên Hai matérialise géographiquement la ligne de démarcation entre le Nord-Viêtnam et le Sud-Viêtnam. Une ligne qui sépara deux mondes entre 1954 et 1975. Il est émouvant de se retrouver au point de fracture d’un pays qui n’a été évoqué que sous l’angle de ses deux parties idéologiquement opposées pendant une vingtaine d’années.

En regardant sa carte routière, le voyageur prend conscience de l’étroitesse de ce pays qui s’étend sur mille six cents kilomètres. A l’est, une chaîne continue de montagnes, la cordillère annamitique, à l’ouest, une succession de plaines minuscules sur une bande côtière dont la largeur moyenne avoisine les vingt kilomètres. Contraste d’autant plus saisissant quand on sait que 87 % de la population viêtnamienne n’occupe que le cinquième du territoire. Les Kinh qui en représentent la majorité écrasante se partagent avec les Hoa, Viêtnamiens d’origine chinoise, les Khmers Krom et les Chams, les deux bassins des deltas et la plaine côtière.

A voir: voyage au vietnam prix | voyage Vietnam | excursion halong cat ba

A l’intérieur, une soixantaine d’ethnies occupent les plateaux et les zones montagneuses. Ces populations constituent un ensemble humain très complexe au cœur de la péninsule indochinoise. Mal connues du grand public, elles ont été étudiées par des chercheurs de grande valeur comme Henri Maspéro ou Jacques Dournes (qui a consacré sa vie à la connaissance des Joraï). Elles font toujours l’objet de recherches comme celles qui sont menées par le professeur Georges Condominas et de jeunes chercheurs du CNRS.

Pour la plupart, ces peuples montagnards se retrouvent dans les pays voisins, Cambodge, Laos, Chine du Sud et Thaïlande, tels les Hani, les Akha, les Hmong ou les Taï qui se divisent en Taï noirs et Taï blancs… Milieu éminemment fragile (on connaît la situation des “tribus montagnardes” du nord thaïlandais réduites à faire de la figuration dans des réserves pour touristes pressés) cet ensemble de minorités détentrices de très riches valeurs culturelles doit absolument être préservé. Durant mon long périple dans la vallée du Mékong, du delta au Tibet, j’ai observé que c’était encore le cas. Il est vrai cependant que seul l’accès difficile à leurs régions, à leurs villages représente leur principale sauvegarde.

Sehen Sie mehr: Last Minute Rundreisen Vietnam

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*