DE L’INDOCHINE DE GARNIER AU VIÊTNAM DES ENFANTS DE L’ONCLE HÔ 4

Selon Jean-Pierre Gomane, “cette conjonction de la puissance militaire, du dynamisme affairiste et du prosélytisme religieux devait perdurer en Indochine sous des avatars successifs dont les principaux sont à rechercher en 1945 puis dans la période 1954-1956, jusque, enfin, à l’année 1975.”(7) L’auteur rappelle que durant cette année 1975, les derniers missionnaires français sont expulsés, que les établissements bancaires et commerciaux doivent fermer et qu’enfin à Vientiane les “marsouins” de l’armée française doivent faire leurs bagages, refermant ainsi “la dernière page de l’histoire coloniale française en Indochine, ouverte à coups de canon, cent dix-sept ans plus tôt en rade de Tourane par l’amiral Rigault de Genouilly.”(8)

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Les trois dates évoquées par J.-P. Gomane sont des dates phares de l’histoire moderne du Viêtnam.

1945 marque la fin de la période de règne de la dynastie Nguyên commencée en 1802 ; le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine constituent un Etat unifié : le Viêtnam. Enfin, le 2 septembre de cette même année, Hô Chi Minh proclame la fondation de la République Démocratique du Viêtnam à Hanoi. Ce fils de mandarin, élevé dans le sérail, éduqué sur les bancs de l’école française, deviendra après un long séjour en Europe, puis en Chine où il fonda leThanh-Niên (l’Association de la jeunesse révolutionnaire du Viêtnam), la figure légendaire et charismatique du pays.

1954 demeure dans la mémoire de tous les Français car cette date sonne le glas d’une longue tra­gédie, la guerre d’Indochine. Une tragédie dont le dernier acte se joue dans la plaine de Diên Biên Phu, loin de Hanoi, près de la frontière laotienne. Les négociations de paix à Genève débouchent alors sur la division du pays au niveau du 17e parallèle et la décision d’une évacuation des troupes françaises.

Afin de prévenir toute percée communiste dans le Sud-Viêtnam dirigée par Ngô Dinh Diêm, un général puissamment anti-marxiste ayant le soutien d’une partie de l’importante communauté catholique, les Etats-Unis s’engagent dans un processus d’interventions ponctuelles puis dans une guerre totale. Au Viêtnam d’abord et ensuite sur l’ensemble de l’Indochine, sous le mandat de Richard Nixon. Ce conflit, coûteux en vies humaines — on dénombrera plus tard, 56 000 morts et plus de 300 000 blessés du côté américain et plus de 8 millions de tués et de blessés du côté indochinois, essentiellement viêtnamiens — et en budgets votés par le Congrès, devient impopulaire. L’opinion américaine vibre et réagit en écoutant les slogans des mouvements pacifistes ou les paroles des chansons de Joan Baez. En 1973, un cessez-le- feu est annoncé lors des négociations et les GI se retirent enfin.

En janvier 1975 (c’est la troisième date citée par J.-P Gomane) l’armée du Viêtnam du Nord franchit le 17e parallèle. Le 30 avril, les Bo Doi (les soldats nord-viêtnamiens) entrent à Saigon et un an plus tard,des élections se déroulent pour élire une assemblée nationale : le Vietnam retrouve son unité sous le nom de “République Socialiste du Viêtnam”.

Une quatrième date phare pourrait être donnée aujourd’hui. Celle de la levée de l’embargo américain sur le Viêtnam en février 1994. Une date importante pour ce pays à l’aube du troisième millénaire, car elle symbolise l’entrée du Viêtnam dans le monde économique international.

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