AVANT-PROPOS

Indochine. Derrière ce mot chargé d’histoire, d’aventure et d’exotisme, se profile un monde fas-cinant, une région de l’Asie du Sud-Est et des peuples que l’on redécouvre depuis quelques années.
^Indochine. Trois syllabes qui évoquent la chaleur humide des plantations d’hévéas, des paysans penchés sur l’eau des rizières, la langueur des nuits saigonaises mais aussi la guerre.si

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Soldats, missionnaires, marchands, fonctionnaires, aventuriers ont foulé la terre indochinoise. Certains ont piétiné les valeurs traditionnelles des peuples de la péninsule, ne songeant qu’à leur gloire ou à leur profit. D’autres ont tout donné avec abnégation et sont allés à la rencontre d’autres hommes, bâtisseurs de formidables civilisations qui ne doivent rien au génie occidental.
De nombreux ouvrages ont été publiés sur cette terre d’Asie dont le destin a été lié à celui de la France durant près d’un siècle. Colonialistes et anti-colonialistes se sont affrontés en de vains débats. Essais politiques, articles, thèses d’historiens et d’ethnologues, la bibliographie de l’Indochine est riche, très riche. Les romans de Loti, de Malraux, de Farrère, de Dorgelès ont fait rêver des milliers de lecteurs qui vibraient à la seule évocation du mot Indochine.Tiares sont les familles françaises qui n’ont pas vu l’un des leurs, soldat au Tonkin ou employé des Postes en Cochinchine, “faire son temps aux colonies”. Tout a été dit, tout a été écrit sur ce domino extrême-oriental de l’Empire français.
Pendant de longues années, nous avions complètement oublié l’Indochine coloniale. Elle ne survivait que dans les manuels d’histoire, dans la mémoire des “anciens de l’Indo”, survivants d’une époque révolue. Nous avions perdu de vue cette péninsule indochinoise que les voyageurs n’abordaient que très superficiellement en ralliant les rivages thaïlandais (ex-siamois) ou en se risquant parfois au cœur du Triangle d’Or .
Mais comment vivait-on au Cambodge, au Laos, au Viêtnam, sur les rives du Mékong ou celles du fleuve Rouge, dans les années 1970 et 1980 ?
En dehors des rares experts et spécialistes de l’Asie du Sud-Est qui s’y rendaient en mission officielle, personne ne le savait précisément, car peu d’informations filtraient à travers le rideau de bambou.
Et soudain l’Indochine resurgit. Le Viêtnam ouvre ses portes, le Laos entrouvre les siennes, acceptant qu’un pont le relie à la Thaïlande ; l’ONU à son chevet, le Cambodge panse ses plaiesy-Dans les revues et les atlas, les journalistes évoquent une nouvelle Indochine, une entité géographique, politique et économique, composée de la Thaïlande, de la Birmanie, du Laos, du Cambodge et du Viêtnam, tous riverains du Mékong.
Le grand fleuve devient alors un centre d’intérêt croissant d’autant plus que la Chine du Sud, également traversée par le Mékong, connaît un développement sans précédent.
Ce n’est plus 1’ “Indochine des Français”, l’Union indochinoise de 1887 qui regroupait le Cambodge, le Laos, le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine, ces trois dernières régions qui constitueront en 1954 le Viêtnam que l’on connaît aujourd’hui.
En dehors de la Malaisie, absente sur cette nouvelle carte, c’est un retour à l’Indo-Chine de Malte Brun. D’origine danoise, exilé en France, Konrad Malte Brun eut l’idée géniale de désigner dans sa Géographie Universelle, publiée en 1837, “cette grande région du globe sous le nom nouveau, mais clair, expressif et sonore d’Indo-Chine.”
Un précurseur, ce Malte-Brun ; quelques années auparavant, il avait fondé la première Société de Géographie.
Françaises ou anglo-saxonnes,des sociétés de géographie jouent un rôle primordial dans le soutien financier et moral des missions d’exploration^Celle d’Henri Mouhot par exemple, ou bien celle de Doudart de Lagrée et de Francis Garnier qui entreprirent des voyages de reconnaissance du Mékong.
Au milieu du XIXe siècle, des taches blanches, de larges bandes de terra incognita subsistent encore sur les rares cartes de la péninsule indochinoise que possèdent les explorateurs.
A la même époque, au cœur du continent africain, des expéditions menées par des Stanley, des • Livingstone, des Brazza, découvrent des contrées inexplorées, des fleuves dont les sources demeuraient mystérieuses. Un formidable enthousiasme et une énergie farouche animaient ces hommes qui donnèrent parfois leur vie pour aller jusqu’au bout de leur rêve.
Mouhot ne fixait pas de calicot portant les initiales d’une célèbre marque de chocolat sur les flancs de ses éléphants. Aucune mention de marque d’alcool renommée ne figurait sur les coques des pirogues laotiennes de Garnier. Personne n’avait encore imaginé le concept du “parrainage” et seules, les sociétés de géographie encourageaient les explorateurs dans leurs voyages dont ils relataient les péripéties, les échecs et les succès dans le National Géographie Magazine de l’époque : Le Tour du Monde.
Durant les six voyages consacrés à la réalisation d’un documentaire sur le Mékong et ses pays riverains, j’ai eu constamment dans mes bagages un exemplaire du Voyage d’exploration, de Francis Garnier. Je le relisais le soir, au bivouac ou au fond de mon hamac durant ces longues heures de navigation entre Phnom Penh et Angkor. Je retrouvais avec émotion ces lieux où il avait séjourné entre 1866 et 1868.
Ce livre est donc la synthèse de lectures puisées dans l’abondante bibliographie indochinoise et de notes accumulées au cours de mon reportage entre 1992 et 1995, avec toutefois un parti pris, celui de suivre le fleuve du Viêtnam au Tibet, dans les pas de Garnier, et une constante, celle de partager quelques moments de la vie des populations de l’Indochine. Des hommes et des femmes qui sortent d’un long sommeil et n’aspirent qu’à une chose : vivre libres !

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